L'Équation du Cœur

 


Entre le marbre et le métal,

Se joue un drame vertical.

Un visage de lune, pâle et pur,

Fait face à la froideur de l'armure.

Elle porte le fard et le joyau,

Reflet d'un cœur encore trop chaud.

Lui n'est qu'engrenages et rouages,

Un automate sans âge, sans rivage.

Et là, suspendu par des chaînes,

Battement lourd, gorgé de peines,

Le cœur de chair, le centre, le roi,

Exposé, vibrant, sans autre loi.

Dernier témoin de l'émotion pure,

Il résiste, il bat, malgré la fracture.

Entre l'humanité blessée, superbe,

Et la machine qui calcule son verbe.

Derrière eux, les ombres gothiques,

Et des gargouilles, témoins stoïques.

Un papillon, couleur de feu,

Hésite, se pose, sous un ciel frileux.

Qui du rouage ou du battement sanglant,

Détient le secret du temps présent ?

C’est une danse sombre et belle,

L'éternelle lutte du cœur, éternelle.

'Gemini'