Dans une chambre sans toit, où le ciel a pleuré,
Deux fleurs de l'innocence au cœur désemparé.
Sur un trône brisé, la première s'affaisse,
Tenant contre son sein une poupée de détresse.
Le jouet est figé, aux yeux grands et vides,
Miroir de cette peur que le malheur décide.
Le vêtement est usé, les bottes pleines de boue.
Témoins de longs chemins et de genoux à bout.
De l'autre côté de l'ombre, une sœur de douleur s'est mise à genoux,
Ses boucles sombres dansent comme une vaine flamme,
Alors que ses grands yeux cherchent un bout de l'âme.
Elle fixe le plafond béant, une fenêtre sans vitre,
Espérant un ange, un secours.
À ce livre cruel que l'on appelle la guerre,
Où l'on arrache l'enfant avant de l'enterrer.
L'une porte le poids du passé et d'un monde écroulé,
L'autre le poids du futur et d'un rêve mutilé.
Elles sont les sentinelles de ce chaos sans fin,
Prises au piège cruel d'un terrible destin.
L'innocence est fauchée par la rage du canon,
Il ne reste qu'un cri, perdu dans l'abandon.
Que Dieu ait pitié de ces anges fragiles,
Victimes innocentes d'un monde si hostile.
'Gemini'

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