L'Art du Peintre

 

Dans l’atelier où le silence s’éveille,
Le peintre rêve, son âme en éveil.
Les couleurs dansent, vibrantes et pures,
Chaque nuance, une histoire, une aventure.

Le rouge, flamme vive de passion ardente,
Le bleu, un océan où la sérénité chante.
Le jaune, éclat d’un soleil radieux,
Le vert, promesse d’un monde généreux.

Avec son pinceau comme une plume,
Il trace des rêves, il efface les brumes.
Sur la toile, les couleurs s’entrelacent,
Créant des paysages où l’imaginaire s’embrase.

Un ciel étoilé, un champ de fleurs,
Des visages souriants, des âmes en chœurs.
Chaque coup de pinceau est une déclaration,
L’art du peintre, une douce création.

Les couleurs parlent, murmurent des secrets,
Elles révèlent des émotions, des reflets.
Dans chaque tableau, un souffle de vie,
L’art du peintre, une éternelle magie.

Alors, sous la lumière qui doucement s’invite,
Le peintre compose, son cœur qui palpite.
Avec des couleurs, il bâtit des rêves,
Dans son monde, l’art sans cesse s’élève.



Elle danse...

 

Elle danse sur des ronds, des carrés, des rectangles.

Sur les ronds, elle tourne avec douceur,
comme des heures qui piquent le vent.

Elle roulera des souvenirs en cercles ouverts,
et chaque écho revient, calme, à son pas.

Sur les carrés, ses pas mesurent l’espace,
cases de choix, qui enrichissent le chemin.

Elle pose des mots, aiguillons d’âme,
fidèle aux angles qui gardent le destin.

Les rectangles, longues fissures du temps,
portent ses heures vastes, ses pages et ses plans.

Elle avance entre largeur et hauteur,
trouve son rythme et laisse jaillir son cœur.

Et quand la vie s’étire en perspectives,
elle mêle les formes, comme un seul souffle :
rond, carré, rectangle - une peau de poésie
où elle se découvre, libre et authentique.




Paysage de Neige

 

Au dedans, le silence et la paix sont profonds ;

De froides pesanteurs descendent des plafonds,

Et, miroirs blanchissants, des parois colossales

Cernent de marbre nu l'isolement des salles.

De loin en loin, et dans les dalles enchâssé,

Un bassin de porphyre au rebord verglacé

Courbe sa profondeur polie, où l'onde gèle ;

Le froid durcissement a poussé la margelle,

Et le porphyre en plus d'un endroit est fendu ;

Un jet d'eau qui montait n'est point redescendu,

Roseau de diamant dont la cime évasée

Suspend une immobile ombelle de rosée.

Dans la vasque, pourtant, des fleurs, givre à demi,

Semblent les rêves frais du cristal endormi

Et sèment d'orbes blancs sa lucide surface,

Lotus de neige éclos sur un étang de glace,

Lys étranges, dans l'âme éveillant l'idéal

D'on ne sait quel printemps farouche et boréal.


"Abraham Catulle Mendès"